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Calcul des émissions scope 1 : combustibles, flotte et froid

Calcul des émissions scope 1 étape par étape : gaz, flotte diesel et fuites de fluides frigorigènes, facteurs GIEC, PRG AR6 et exemple. Lire le guide.

Écrit par

Luana Copaci

8m

November 8, 2026

Calcul des émissions scope 1 : combustibles, flotte et fluides frigorigènes, guide ECONOS
Contenu

Pour réussir le calcul des émissions scope 1, il faut trois éléments : les quantités de combustibles et de gaz utilisées par l’entreprise, les bons facteurs d’émission et une liste claire de ce que vous possédez ou contrôlez. Cela paraît simple. En pratique, la plupart des premiers bilans carbone que nous relisons en Roumanie oublient au moins une source scope 1, souvent les fuites de fluides frigorigènes. Ce guide présente la méthode étape par étape, avec un exemple chiffré à reproduire avec vos propres factures.

En bref

  • Les émissions scope 1 sont les émissions directes de sources possédées ou contrôlées par l’entreprise : chaudières, véhicules, procédés et fuites de fluides frigorigènes.
  • La formule : donnée d’activité multipliée par un facteur d’émission, ou par un pouvoir de réchauffement global (PRG) pour les fluides frigorigènes.
  • Rassemblez les factures de gaz, les relevés de cartes carburant et les fiches d’intervention frigorifique, puis documentez chaque facteur, sa source et son année.

Que sont les émissions scope 1 ?

Le standard corporate du GHG Protocol définit les émissions directes de GES comme les émissions de sources possédées ou contrôlées par l’entreprise. Il les regroupe en quatre familles : combustion dans des équipements fixes, combustion dans des véhicules, procédés physiques ou chimiques, et émissions fugitives comme les fuites d’équipements.

Si vous découvrez le sujet, commencez par notre introduction à l’empreinte carbone. Pour comprendre ce que la simplification européenne change pour le reporting, lisez notre article sur le paquet Omnibus et la CSRD.

Les quatre sources pour le calcul des émissions scope 1 : combustion fixe, combustion mobile, procédés et fuites de fluides frigorigènes

Les quatre sources à vérifier avant le calcul des émissions scope 1

1. Combustion fixe

Chaudières au gaz naturel, fours industriels, séchoirs, groupes électrogènes diesel de secours et chariots élévateurs au GPL ou au gazole. En Roumanie, les factures de gaz sont exprimées en kWh, ce qui facilite la collecte.

2. Combustion mobile

Voitures, utilitaires et camions possédés par l’entreprise, ainsi que les véhicules loués et exploités par vous si vous appliquez l’approche du contrôle opérationnel. Les relevés de cartes carburant en litres sont la source la plus fiable. L’électricité de recharge des voitures électriques n’est pas du scope 1 mais du scope 2, comme expliqué dans notre article Scope 2 en Roumanie : location-based ou market-based.

3. Émissions de procédés

Ce sont les émissions issues de réactions chimiques ou physiques, et non de la combustion. Ciment, chaux, verre, chimie et certains procédés métallurgiques sont les cas typiques. La plupart des bureaux, distributeurs et industries légères n’en ont pas.

4. Émissions fugitives de fluides frigorigènes

Les émissions fugitives sont surtout des fluides frigorigènes HFC qui s’échappent des climatiseurs, groupes froids, chambres froides et camions frigorifiques. De petites quantités cachent de gros effets, car ces gaz fluorés ont un PRG très élevé.

Calcul des émissions scope 1, étape par étape

  1. Fixez le périmètre. Listez chaque site, véhicule et équipement possédé ou contrôlé. Choisissez une approche de consolidation et gardez-la d’une année sur l’autre.
  2. Collectez les données d’activité. Gaz en kWh sur les factures, carburant en litres sur les cartes carburant, fluide en kg sur les fiches d’intervention.
  3. Choisissez les facteurs d’émission. Utilisez une source reconnue, par exemple les facteurs par défaut des lignes directrices 2006 du GIEC, chapitre combustion fixe, ou une base nationale. Notez la version et l’année.
  4. Appliquez les PRG pour convertir les fluides frigorigènes et les autres gaz en CO2 équivalent.
  5. Additionnez, contrôlez, documentez. Comparez avec l’année précédente et expliquez les écarts importants.

Le choix des facteurs est la principale source d’erreurs. Un accompagnement en analyse de l’empreinte carbone permet de sécuriser ces choix dès la première année.

Un exemple chiffré avec de vrais facteurs

Prenons une entreprise installée en Roumanie, avec un site de production et une petite flotte.

  • Gaz naturel : 500 000 kWh par an. Le facteur par défaut du GIEC est de 56 100 kg de CO2 par TJ sur pouvoir calorifique inférieur, soit environ 0,202 kg de CO2 par kWh. Résultat : environ 101 t de CO2.
  • Flotte diesel : 20 000 litres. Avec le facteur GIEC de 74 100 kg de CO2 par TJ, un pouvoir calorifique par défaut de 43,0 TJ par millier de tonnes et une densité typique de 0,84 kg par litre, on obtient environ 2,68 kg de CO2 par litre. Résultat : environ 53,5 t de CO2.
  • Fluide frigorigène : 10 kg de R-410A rechargés après une fuite. Le R-410A est un mélange 50/50 de HFC-32 et de HFC-125. Avec les valeurs AR6 du tableau des PRG du GHG Protocol, 771 et 3 740, son PRG est d’environ 2 256. Résultat : environ 22,6 t CO2e.

Total scope 1 : environ 177 t CO2e. Dix kilos de fluide représentent ici presque la moitié des émissions de 20 000 litres de gazole.

Exemple de calcul des émissions scope 1 : gaz naturel 101 t, flotte diesel 53,5 t et fluide R-410A 22,6 t CO2e

Deux précisions techniques. D’abord, l’exemple ne compte que le CO2 pour la combustion. Les jeux de facteurs complets ajoutent de petites quantités de méthane et de protoxyde d’azote. Ensuite, l’énergie des factures de gaz est en général exprimée sur pouvoir calorifique supérieur, alors que les facteurs du GIEC utilisent le pouvoir calorifique inférieur. Pour le gaz naturel, l’écart est d’environ 10 %, vérifiez donc toujours la base de votre facteur. Pour les fluides frigorigènes, le GHG Protocol recommande les valeurs les plus récentes du GIEC, l’AR6, publiées dans son tableau des valeurs de PRG.

Où trouver les données scope 1 dans une entreprise en Roumanie

Dans nos missions d’empreinte carbone en Roumanie, le service financier fournit en général les factures de gaz et les relevés de cartes carburant en quelques jours. Ce sont les données frigorifiques qui manquent. Les recharges de climatisation figurent dans un contrat de maintenance que personne ne relie au bilan carbone, et les chariots GPL ou le groupe électrogène sont souvent oubliés.

Le règlement européen (UE) 2024/573 sur les gaz fluorés aide sur ce point. Il impose des contrôles d’étanchéité pour de nombreux équipements et la tenue de registres des quantités ajoutées. Demandez à votre prestataire les fiches d’intervention de l’année et additionnez les kilos rechargés par type de gaz.

Erreurs fréquentes dans le calcul des émissions scope 1

  • Oublier les fluides frigorigènes parce que les quantités semblent faibles.
  • Compter la recharge des voitures électriques en scope 1 au lieu du scope 2.
  • Mélanger pouvoir calorifique supérieur et inférieur sans s’en rendre compte.
  • Déclarer le CO2 de la biomasse, par exemple des granulés de bois, dans le scope 1. Le GHG Protocol demande de le déclarer à part.
  • Changer de source de facteurs d’une année à l’autre sans l’expliquer.

Un scope 1 propre est aussi la base d’un plan de réduction crédible. Notre offre pour réduire l’empreinte carbone part justement de ce diagnostic, et notre article Décrypter l’ESG clarifie les notions de scopes et d’émissions.

Pourquoi un scope 1 fiable compte pour vos clients et EcoVadis

Le scope 1 est la part de votre empreinte que vous maîtrisez directement, donc vos clients et les plateformes de notation attendent qu’il soit complet et fiable. Dans une évaluation EcoVadis, un inventaire scope 1 et 2 documenté est une preuve de base pour le thème environnement. Pour les PME, il alimente aussi un reporting VSME volontaire demandé par les clients et les banques.

Questions fréquentes

Que sont les émissions scope 1 ?

Les émissions scope 1 sont les émissions directes de gaz à effet de serre provenant de sources possédées ou contrôlées par l’entreprise. Exemples typiques : chaudières gaz, véhicules de société, groupes électrogènes diesel et fuites de fluides frigorigènes de la climatisation.

Comment calculer les émissions scope 1 ?

On multiplie chaque donnée d’activité, par exemple les kWh de gaz, les litres de gazole ou les kg de fluide frigorigène, par un facteur d’émission ou un pouvoir de réchauffement global. On additionne ensuite les résultats en tonnes de CO2 équivalent.

Les fuites de fluides frigorigènes sont-elles dans le scope 1 ?

Oui. Selon le GHG Protocol, les fuites de HFC des équipements possédés ou contrôlés par l’entreprise sont des émissions fugitives de scope 1. La quantité rechargée lors de la maintenance est en général la meilleure estimation de ce qui a fui.

Les voitures en location longue durée sont-elles en scope 1 ou scope 3 ?

Cela dépend de l’approche de consolidation. Avec le contrôle opérationnel, utilisé par la plupart des entreprises, le carburant des véhicules loués et exploités par l’entreprise est déclaré en scope 1.

Quelles valeurs de PRG utiliser en 2026 ?

Le GHG Protocol recommande les valeurs les plus récentes du GIEC, aujourd’hui l’AR6. Si un client ou un programme demande l’AR5, utilisez-les de façon cohérente et indiquez ce choix dans le rapport.

Conclusion

Pour un calcul des émissions scope 1 juste, partez d’un périmètre clair, collectez les données de gaz, de carburant et de fluides frigorigènes, appliquez des facteurs documentés et les PRG de l’AR6, et justifiez chaque choix. Une fois la méthode écrite, la refaire chaque année ne demande qu’une fraction de l’effort initial.

Sources et lectures recommandées

  1. GHG Protocol, A Corporate Accounting and Reporting Standard, édition révisée
  2. Lignes directrices 2006 du GIEC, volume 2, chapitre 2 : combustion fixe
  3. GHG Protocol, Global Warming Potential Values (août 2024)
  4. Règlement (UE) 2024/573 relatif aux gaz à effet de serre fluorés, EUR-Lex
  5. GHG Protocol, outil de calcul des émissions directes de combustion fixe
  6. GHG Protocol, guide d’inventaire scope 1 et 2

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Comment ECONOS peut vous aider

ECONOS calcule vos émissions scope 1, 2 et 3 selon le GHG Protocol. Nous cartographions vos sites, véhicules et équipements frigorifiques, collectons les données avec vos équipes, choisissons et documentons les facteurs, et livrons des résultats prêts pour vos clients, vos auditeurs et EcoVadis. Avec AVA, notre assistant IA de comptabilité carbone, vous refaites le calcul chaque année sans repartir de zéro.

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